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Les effets annoncés des coupes à l’aide sociale

Une centaine de personnes n’entreprendront pas de traitement et plus de 160 personnes ont interrompu leur programme à la suite des annonces du Ministre de l’emploi et de la solidarité sociale. Ce sont donc plus de 250 personnes en seulement 15 jours qui ne sont pas pour le moins à l’abri d’elles mêmes et de la consommation de substances.

La révision règlementaire du règlement sur l’aide aux personnes et aux familles atteint directement le cœur des services aux personnes vulnérable. En à peine 15 jours, plus de 40 personnes ont perdu leur emploi dans les centres de traitements des dépendances du Québec qui tentent de faire face à une désorganisation de leurs services programmée et mise en œuvre par le gouvernement du Québec. La fameuse recherche d’une équité, prétexte utilisé par le Ministre Hamad pour couper dans les ressources des personnes bénéficiaires de l’aide sociale voulant entreprendre un traitement pour une dépendance, aura clairement mis à terre un ensemble de services aux plus démunis.

On peut maintenant de parler d’une équité vers le bas. Là ou l’accès au service était difficile pour les personnes dépendante inscrites à l’assurance chômage, il est dorénavant rendu aussi compliqué pour ces mêmes personnes lorsqu’elle sont rendues bénéficiaires de l’aide sociale.

Une centaine de personnes n’entreprendront pas de traitement et plus de 160 personnes ont interrompu leur programme à la suite des annonces du Ministre de l’emploi et de la solidarité sociale d’après les données recueillies par l’Association Québécoise des Centres d’Intervention en Dépendances (AQCID). Ce sont donc plus de 250 personnes en seulement 15 jours qui ne sont pas pour le moins à l’abri d’elles mêmes et de la consommation de substances.

Dianova, qui ne bénéficie d’aucun programme de soutien aux organismes communautaires étudie actuellement les hypothèses suivantes pour faire face à ces coupures qui représenteront au bas mot 200’000$ par an, soit 25% de notre budget :

  • Fermer notre centre de traitement en congédiant vingt employés et en laissant sans réponse les personnes qui s’adressent à nous chaque jour (un millier de demandes par année) ainsi que leurs familles;
  • Réduire les salaires de mon équipe de 25%, soit l’équivalent de la coupe envisagée, et ramener tout le monde au salaire minimum légal en espérant que leur grande âme leur permettra de poursuivre la mission d’assistance malgré leur propre précarité économique.
  • Réduire le nombre de places en traitement et donner priorité au mieux nantis, capables de payer un coût de traitement de 2800$ par mois, prix somme-toute très économique au regard du coût des services carcéraux et hospitaliers. Sauvegardant ainsi la dignité de deux tiers de nos intervenants qui, par ailleurs, ne bénéficient d’aucun régime d’assurance privée.

Nous demandons une fois de plus au Ministère de la santé et des Services Sociaux d’intervenir une fois pour toute au chapitre des frais de traitement qu’il se refuse à prendre en charge sans aucune justification.


Bruno Ferrari, directeur général