Dépendances

      

  

Dossier programme d'aide sociale

Aide sociale: la ministre maltais multiple les déclarations à l'emporte-pièce!

 

Communiqué de presse
Manifestation à Montréal le 13 mars contre le règlement Maltais

Mme Maltais a récidivé lors de l’émission « Tout le monde en parle » du 10 mars dernier, énonçant des arguments imprécis et faisant référence à des expérimentations menées dans son bureau de comté sans lien probant avec la portée de son projet de règlement.

Si les histoires de cas doivent mener les décisions politiques, nous en traitons plusieurs centaines chaque année, et des histoires, ça nous fera plaisir d’en raconter.
 Des expériences de succès mais aussi des échecs retentissants, dans lesquels le facteur le plus courant est relié à la pression que les personnes se donnent pour se soigner dans des délais restreints, plus vite que leur propre histoire ne peut le permettre.

Mme Maltais s’époumone à dire qu’elle veut « sortir les gens de la misère » comme si rien n’était fait à ce jour. Pourtant la collaboration entre son Ministère et les centre certifiés a débouché sur des résultats probants : Le processus de certification volontaire des centres de traitement lancé en 2001 par le gouvernement Péquiste ne pourrait être devenu obligatoire en 2011 si cela n’était pas supporté par une mesure garantissant le paiement des frais de séjour. Nos centres ont dû transformer leur modèle de travail et professionnaliser les équipes pour devenir des acteurs jugés indispensables par le Ministère de la santé et le Ministère de la sécurité Publique. Cela a renforcé le rendement des services offerts par nos centres, les modalités ayant été précisées et les conditions d’hébergement et la sécurité des usagers étant désormais garanties et surveillées par le Conseil Québécois d’Agrément (CQA).

En 2012, plus de 170 personnes ont suivi un traitement au centre de Dianova, le tiers d’entre elles y a séjourné plus de 90 jours.

Dans le traitement d’une dépendance, particulièrement chez les personnes présentant des troubles concomitants, le temps passé en traitement est considéré comme un prédicteur de meilleurs résultats (1)

Si un cas d’abus est connu du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité Sociale, nous offrons notre collaboration pour clarifier les obligations des membres de notre réseau. Toutefois, des personnes peuvent être dans un programme de traitement à long terme et ne pas avoir d’option de réinsertion assez sécuritaire pendant plusieurs mois étant donné le niveau de dégradation de leur condition à l’admission dans nos centres. Ces personnes se présentent pour un traitement (et non une désintox) avec pour seul bagage des mois, voire des années, de vie de rue, de consommation, d’échecs familiaux et une combinaison explosive de facteurs aggravants tels des problèmes aigus de santé, des troubles de santé mentale, des problèmes judiciaires majeurs et des difficultés en terme d’éducation, voire d’alphabétisation. Il est important de noter que la quasi-totalité de ces personnes entreprennent volontairement cette démarche.

Le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale est en baisse constante, se pourrait-il que ces résultats soit le fruit de notre travail à tous!!

Selon un document émis par le MESSQ, le nombre de foyer bénéficiant de l’aide sociale est en forte baisse depuis plus de 20 ans. Il y est dit que la baisse est de plus de 30% entre 1994 et 2012, et ce malgré l’augmentation de la population et les crises économiques. Il semblerait que plusieurs intervenants du Ministère et du réseau communautaire, dont nous sommes, sont déjà très engagés à sortir les gens de la misère.

Attention aux économies qui coûtent cher! 

Nous estimons que le modèle de travail existant répond aux besoins de personnes qui peinent grandement à se rétablir. Sans de tels services qui comprennent le traitement et la réinsertion, les personnes pourraient vivre des rechutes plus fréquentes et se retrouver une nouvelles fois à occuper les urgences, les services de police et les bancs des tribunaux. Nous demandons que Mme Maltais annule son projet de modification de règlement, reconnaisse l’expertise de notre réseau et prenne le temps de considérer avec nous les pistes de solution pour améliorer les services aux personnes vulnérables.

Bruno Ferrari, Directeur général


(1) D'après Zarkin (2002), la durée et l'achèvement du traitement sont significativement liés à l'emploi après traitement (facteur de succès) et à la baisse de la criminalité. Les patients qui sont restés en traitement le plus longtemps ont plus de chance d'être employés un an après le traitement. Par ailleurs, le taux d'emploi des patients ayant achevé leur traitement est deux fois plus élevé que chez ceux qui ne l'achèvent pas (étude sur 986 patients traités pour des problèmes d'addiction)

Selon une étude de 2003 portant sur 20495 patients traités pour addiction (sauf par méthadone), une durée de traitement de 90 jours et plus est associée à d'avantage d'emploi après traitement (Drug Treatment Completion & Post-discharge Employment in the TOPPS-II Interstate Cooperative Study)