Dépendances

      

  

La réduction des méfaits

"Les comportements associés aux drogues peuvent être bénéfiques (consommation de médicaments qui prolongent la vie), neutres ou dommageables. Accoler une étiquette positive ou négative est jugé par plusieurs comme un geste purement subjectif et sujet à la controverse. Le concept de réduction des méfaits offre, quant à lui, un moyen pratique d'évaluer les répercussions de façon objective. "

Diane Riley, Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies.

Une définition

La réduction des méfaits est une approche sociale destinée à diminuer les conséquences négatives liées à un comportement donné, comme l'abus de drogues. Cette approche consiste à viser en premier lieu des objectifs à la fois réalistes, prioritaires et individualisés de façon à éliminer les risques liés à l'abus de drogues, sans rejeter la notion d'abstinence.

Origine de la réduction des méfaits au Canada

La propagation rapide du virus du sida parmi les usagers de drogues injectables est devenue au cours des années 85-90 un problème de santé publique majeur dans la plupart des pays. Face à ce phénomène qui menaçait de prendre une ampleur encore plus grande, le gouvernement du Canada s'est prononcé en 1987 en faveur du concept de réduction des méfaits dans le cadre de sa politique nationale contre les toxicomanies. Les autres méfaits visés par cette approche s'expriment en termes de coût économique (au Québec par exemple, on estime le coût de l'absentéisme au travail causé par l'abus de drogues illicites à 500 millions de dollars), en termes de sécurité publique et de détresse sociale.

Application de la réduction des méfaits

Il s'agit d'un ensemble de stratégies visant à atteindre des objectifs de santé, de resocialisation ou de décriminalisation des personnes toxicomanes.

Sites d'échanges de seringues

Bon nombre d'usagers de drogues injectables ne sont pas prêts à abandonner le produit, c'est la raison pour laquelle le gouvernement s'est donné les moyens de réduire le risque d'infection par le VIH et les hépatites en rendant accessibles des seringues neuves aux personnes toxicomanes. Le premier programme d'échanges de seringues a été mis en place à Toronto en 1987. Actuellement, il existe plus de 650 sites d'échanges de seringues dans la seule province de Québec.

Les programmes d'échanges de seringues permettent en outre de rejoindre certains usagers de drogues injectables qui, autrement, n'entreraient pas en contact avec d'autres organismes dans le but de recevoir une aide.

Programmes de maintien par méthadone

Ils consistent, sous surveillance médicale, à fournir aux usagers d'héroïne par injection un opiacé de substitution délivré sous forme de sirop : la méthadone. A l'inverse de l'héroïne que les usagers s'injectent directement dans le sang et dont les effets n'excèdent pas quelques heures, la méthadone est prise par voie orale, de plus sa vitesse d'élimination beaucoup plus lente permet à l'usager d'en ressentir les effets pendant au moins 24 heures.

Parce que les usagers n'ont plus à rechercher un produit illégal et cher, et parce que le programme leur impose une routine de visites quotidiennes dans un centre de distribution, les personnes toxicomanes sont amenées à abandonner leurs activités criminelles, à renouer avec le monde du travail, à obtenir un suivi médical approprié, à réduire la propagation des infections liées au partage des seringues (sida et hépatites.)

Dianova Canada et la réduction des méfaits

Dans un cadre communautaire, le programme de Dianova procède par étapes, en fonction d'objectifs individualisés. A l'instar du modèle de réduction des méfaits, notre approche se veut humaniste, c'est-à-dire fondée sur les besoins et les aspirations des gens et pragmatique, c'est-à-dire fondée sur les aptitudes et les intérêts de chacun. 
Il s'agit donc une approche qui s'appuie sur le respect de la capacité des gens à améliorer leur qualité de vie, à acquérir une autonomie permettant notamment de faire des choix éclairés vis-à-vis de la consommation de drogues.

De façon plus spécifique, l'approche de réduction des méfaits vise à diminuer les conséquences néfastes de l'abus ou des mauvaises utilisations de drogues et se distingue par la confiance et la tolérance accordée à chacun. Ainsi chacun détermine ses objectifs et son rythme de changement.