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parlons de succès, parlons de complexité

Novembre 2008 - Edito, par Bruno Ferrari - Directeur général

bruno ferrariJ’écris ces lignes en réaction à la présentation de Chantale Perron lors du colloque du CRAN sur les traitements des opioïdes tenu du 22 au 24 octobre 2008 à Montréal. Chantale est pair aidante pour l’organisme Meta d’âme. Elle a présenté une conférence su son parcours : de la consommation à l’entraide.

L’intérêt de cette «présentation témoignage» vient du fait que Chantale transmet plusieurs apprentissages clés sur la façon d’aborder les dépendances : Chantale nous rappelle d’emblée que le travail auprès des personnes dépendantes présente de meilleurs résultats si l’on prend en considération la pluralité de modalités ou de ressources à laquelle les personnes peuvent s’adresser au cours de leur démarche de changement, plutôt que si l’on mesure le résultat absolu de la seule tranche de support que nous même ou notre organisme sommes en mesure de produire.

La suite de la présentation nous alerte sur la complexité à laquelle on doit être prêts à nous résoudre si nous voulons travailler dans le domaine du support à des personnes vulnérables. Toute méthode de travail sous-tend une simplification puisque chaque cas de figure ne peut pas être anticipé. Les procédures ne représentent donc que des guides pour aborder des groupes de situations éventuelles. Mais il existe une responsabilité fondamentale pour les personnes travaillant dans le domaine (Intervenants, gestionnaires, administrateurs de santé publique, …) de se rappeler en tout temps que les systèmes existent pour organiser le travail et non pour le limiter.

Ainsi, et en premier lieu, la personne dépendante, en plus du trouble de dépendance pour lequel on apparaît dans son parcours, présente toutes les caractéristiques d’une personne non dépendante! Des qualités et des défauts, des préférences, des rêves, des besoins, un environnement, des sentiments, des amis, une famille, etc…. Tout comme chaque intervenant. Il n’existe donc aucun système qui pourrait simplifier la relation qui doit s’établir entre deux individus complexes dans une démarche d’accompagnement.

Dans la même veine on peut comprendre que des lignes budgétaires soient définies pour répondre aux exigences logistiques et d’administration transparente des fonds publics. Mais attention! Ces systèmes ne peuvent pas définir les soins offerts aux personnes dépendantes, ni aux autres d’ailleurs. GARE AU CLOISEMENT ! On ne doit pas présupposer  qu’une personne ne serait QUE toxicomane parce que l’enveloppe VIH/VHC, Itinérance ou Santé mentale dépend de quelqu’un d’autre.

Chantale nous a montré, j’endosse pleinement son message, que toute bonne pratique passe en premier lieu par la pratique du bon sens. Nous devons donner à notre travail, chaque jour, le sens qui était au cœur de notre choix initial de travailler dans ce domaine.

Merci donc pour cette présentation qui a mis l’accent sur les personnalités derrière les consommateurs de substances, sur le besoin de tout un chacun de bâtir un sentiment de plénitude à partir de l’expérience du succès, les grands succès, mais aussi les petits qui, mis bout à bout composent souvent le parcours complexe des personnes en cours de rétablissement.

Au plaisir de nous retrouver,
Bruno

bruno.ferrari@dianova.ca

 


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