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Le mot du directeur

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indifférence: itinérance et dépendances,
même combat?

Mai 2010, édito, par Bruno Ferrari, Directeur général

BrunoHommage à Hugo Alfredo, un homme itinérant décédé à New York le 24 avril dernier

Un homme meurt dans la rue, poignardé après avoir pris la défense d’une passante qui a été agressée. Des gens circulent autour du corps ensanglanté, certains hésitent et poursuivent leur route sans prévenir les secours. Hugo Alfredo nous a laissés en nous rappelant qu’un homme sans abri reste un homme, et que notre humanité semble se désagréger face aux maux qui affectent les sociétés développées.

Entendre relater un tel évènement, souvent accompagné de commentaires absolutistes dénonçant l’indifférence des personnes face à des situations dramatiques, extrêmes, me fait toujours douter de moi-même. Quelle sorte de personne serais-je face à un tel événement ? 

A bien y réfléchir, je pense que je suis deux types de personnes. Une personne qui prendrait immédiatement les devants et appellerait les secours. Oui, j’essaierais sans aucun doute d’interpeller les passants, de solliciter leur aide. Oui, je serais un citoyen engagé face à une situation qui me donnerait le sentiment d’être capable d’aider ces personnes vulnérables côtoyées dans le cadre de mon travail, de mes compétences.

Mais dans d'autres situations, générant chez moi un sentiment d’impuissance, totalement en dehors du champ de mes compétences, dans un milieu inconnu, une langue étrangère, face à des personnes qui vivent une difficulté qui m'est absolument étrangère, incompréhensible... Ne pourrais-je pas, moi aussi, être cette personne qui passe en espérant que le prochain saura quoi faire ?

Je ne blâme pas d’emblée ceux qui détournent le regard et essaient de se convaincre qu'ils n'ont rien vu. Je pense sincèrement que toute personne s'en sentant capable prendrait les mesures adaptées. Mais les maux qui encombrent nos cités sont complexes, multifactoriels… Les personnes affectées doivent être abordées avec sérieux, professionnalisme, empathie et humanisme. Cela fait beaucoup de mots combinés pour le quidam pressé de rentrer chez lui ou en retard pour son travail.

Je pense que le sentiment d’impuissance est à l’origine des gestes d’indifférence. Nous devons accepter cela tout en continuant nos efforts d'éducation. Bien plus que de critiques, le monde a besoin d'outils de base, susceptibles de rétablir la confiance de chacun à poser  ces gestes simples. Cela d’une part. Mais d’autre part, pour les enjeux d’itinérance, les dépendances, la santé mentale, qui sont les problématiques les plus désarmantes pour la population, nous devons renforcer la prise en charge communautaire des personnes affectées et supporter leur insertion. Et cela ne se fera pas sans qu’une volonté politique solide vienne l’encourager.

À bientôt en tout temps sur www.dianova.ca

Bruno Ferrari, Directeur général.


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