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hommage à farshad mohammadi, notre concitoyen

Hiver 2012, édito, par Bruno Ferrari, Directeur général

Bruno Ferrari, directeur généralLe témoignage d’une personne récemment sortie de l’itinérance lors d’une tribune téléphonique de Paul Arcand sur 98.5 FM mettait en lumière plusieurs éléments fondamentaux sur l’événement qui a coûté la vie à M. Mohammadi le 6 janvier dernier.

Mais avant toute chose, prenons le temps de penser à cet homme qui a parcouru un long chemin depuis les montagnes du Kurdistan Iranien pour se mettre à l’abri parmi nous et finalement mourir dans nos bras…

… Fabrice (nom fictif) a donc appelé Paul Arcand pour aider à comprendre ce qui s'est passé le 6 janvier dernier dans le métro de Montréal.

Avec beaucoup de simplicité, Fabrice a expliqué qu’il était sorti quelques mois plus tôt de sa situation d’itinérance qui avait duré plus de cinq longues années.

Cinq ans au cours desquels il a pu se rendre compte qu’une grande majorité de policiers sont tout à fait corrects et savent adapter leurs interventions lorsqu’ils se dirigent vers des personnes itinérantes. Mais une minorité, moins de 10% d’après son estimation, ont une aversion évidente vis-à-vis de ces personnes et les réveillent à coups de matraque et de coups de pieds pour les déloger de leurs abris de fortune.

Fabrice expliquait que pour sa part il parvenait à se lever dès le premier coup et  pouvait donc, généralement, échapper  à la totalité du traitement que ces policiers réservent aux sans abris. Mais d’autres, sous l’effet de l’intoxication, de l’âge, ou d’une combinaison de facteurs, ne réussissaient pas à se lever assez vite au goût des policiers et c'est alors "qu'ils en mangeaient toute une", au point de devoir se rendre directement à l’hôpital.

Fabrice nous a renseignés sur les déboires de l’itinérance et sur la possibilité d’en sortir, sur les astuces qu’il avait utilisées en faisant appel à des citoyens qui avaient établi un contact avec lui, afin de l'aider à boucher quelques trous dans son CV.

Il nous a aussi rappelé que là où l’on pense que les services aux personnes itinérantes sont multiples, lui se heurtait à de longues listes d’attente.

D’autres auditeurs nous ont finalement confirmé qu’une intervention auprès d’une personne en difficulté n’est jamais simple et que l’on se doit de prendre le temps de s'occuper de nos concitoyens les plus faibles, en tant que société qui se respecte.

D’autant plus que, comme l’énonçait par le menu détail un pompier, les services de premiers répondants et les urgences en général sont largement mobilisés par les appels relatifs à des personnes errantes, couchées par terre, intoxiquées ou agressives qui sont signalés par des citoyens inquiets.

Le coût de la pauvreté est évidemment plus élevé que celui de la prise en charge par des personnes spécialisées, conscientes des enjeux qui accompagnent la détresse de ces personnes. Dans de nombreux cas, comprendre veut dire attendre que la crise soit passée pour prendre des mesures d’accompagnement. Pas sûr que les policiers évoqués par Fabrice soient les plus patients d’entre nous.

À bientôt et en tout temps sur www.dianova.ca

Bruno Ferrari, DG.

Le réseau Dianova