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éditorial - le ministre annonce des changements

Bruno Ferrari, directeur de Dianova CanadaLe Ministère de la santé et des Services Sociaux offre depuis 2001 aux centres privés de répondre à un cadre de qualité. Plusieurs ressources impliquées ont du mal à boucler leur budget pendant que les centres non certifiés pour leur part se trouvent généralement en meilleure santé financière.

En réaction à plusieurs événements survenus récemment dans les centres de réhabilitation pour les personnes dépendantes (1), le Ministre de la Santé du Québec, Philippe Couillard, a annoncé le 3 avril que des mesures doivent être prises pour « vérifier la qualité des services, ne serait-ce que pour en informer la population » (2). Je me permet d'apporter ici quelques informations supplémentaires.

Il existe depuis 2001 au Québec un processus de Certification volontaire des organismes privés ou communautaires intervenant en toxicomanie et offrant de l'hébergement qui permet de contrôler sur une base régulière plusieurs aspects des services qui sont offerts par les centres certifiés. Ces normes portent notamment sur l'administration, les services à la clientèle, les installations et les services auxiliaires.

Dès le lancement de cette proposition du Ministère, et malgré l'absence de financement relié à la certification, plusieurs dizaines de centres, dont Dianova, se sont engagés dans ce processus de qualité en démontrant une volonté extraordinaire de garantir des services respectueux des personnes qui font appel à nos services. Les équipes d'intervenants, et en général les collaborateurs des organismes impliqués dans la certification, ont fait des efforts importants pour permettre de réaliser ces démarches, qui dans certains cas tenaient d'une complète réforme, tout en continuant d'opérer les centres de façon à répondre aux demandes d'admission toujours plus nombreuses.

Au fil des ans, de nouveaux centres ont décidé de s'associer à cette démarche de qualité et on compte aujourd'hui 51 centres privés certifiés au Québec qui proposent des milieux d'intervention variés pouvant répondre aux besoins multiples d'une population touchée par les problèmes de dépendance.

Mais il existe des effets pervers à toute cette opération. Plusieurs ressources impliquées, généralement des organismes à but non lucratifs (OBNL), ont désormais du mal à boucler leur budget étant donné les efforts consentis pour garantir un encadrement par des intervenants qualifiés, bénéficiant de formations continues, alors que les centres non certifiés se trouvent quant à eux la plupart du temps en meilleure santé financière. Sans compter que plusieurs ressources non certifiées bénéficient de financements publics via différents programmes sociaux.

Si l'on s'appuie sur les études (3) qui démontrent une économie de 7$ pour chaque dollar investi en traitement, il devient urgent de procéder à la reconnaissance de la certification et à la consolidation du réseau des services aux personnes dépendantes!

A ce stade, nous devons considérer globalement les montants timidement investis dans les traitements à travers les programmes des différents ministères et réinvestir ces montants, et sans doute des montants additionnels, spécifiquement dans le réseau des services aux personnes dépendantes, dans une perspective de consolidation des ressources engagées dans un processus de qualité.

Il s'agit là du meilleur moyen de permettre aux organismes volontaires de sortir la tête de l'eau et de leur donner les moyens d'envisager d'augmenter leur offre en ouvrant des nouvelles structures. Nous pourrons ainsi répondre aux nombreuses demandes de personnes qui, dans l'urgence, se dirigent vers la première ressource qui veut bien les recevoir, sans considération aucune pour les enjeux de qualité.

  1. http://www.radio-canada.ca/regions/mauricie/2008/04/03/006-narconon-ecole-question_n.shtml
  2. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2008/04/03/004-narconon-scientologie.shtml
  3. Les personnes accueillies en traitement cessent leurs activités illégales et nécessitent moins d’attention de la sécurité publique et des services judiciaires, elles améliorent leur santé et font moins appel aux services d’urgence. NTORS (The National Treatment Outcome Research Study), Angleterre